troisième semaine de septembre

La réforme du collège

C’est le sujet à la mode : la réforme du collège, qui va commencer en septembre 2016 … Donc pas tout de suite, mais qui est actée. Sur le papier tout est dit, la réforme va s’appliquer, point barre, il n’y a rien à voir. Le mutisme du Gouvernement Français est très clair : le but est de réformer le collège vaille que vaille. Sur le papier, on ne peut pas vraiment être contre la réforme car elle institue des aides et de l’embauche pour les enseignants.

Pourtant il ne suffit pas de déclarer que l’on va réformer le collège pour que celui-ci se réforme de lui-même. Et pour preuve:

-les langues anciennes qui vont disparaître

-les classes bilangues aussi

-de l’embauche sérieusement ? non car si cette réforme est actée, elle pourrait être discutée par un autre gouvernement qui refusera d’embaucher, faut de moyens

-2 langues vivantes dès la 5e, pourquoi pas, mais c’est au détriment de la première langue

-qu’est ce que  sont les pratiques interdisciplinaires? Personne n’a d’idées arrêtée sur la question, surtout que l’AP existe

-Personnaliser le parcours, oui, mais dans ce cas, on demande à l’enseignant de s’adapter (ce qui n’est pas un mal) et non à l’élève, or, il me semble que ce dernier doit le faire.

Un autre soucis, et qui ne va pas se réduire : comment aider vraiment les élèves en difficulté. Nous savons que cet effort n’est pas fait par les élèves, faute de temps ou d’organisation. Les professeurs n’ont pas le temps, ou on ne leur donne pas la possibilité. Le Gouvernement n’a pas mis l’accent dessus, or plusieurs recherches (dont certaines issues des Cahiers Pédagogiques) ont démontré que les inégalités se sont accrues ces dernières années. Loin de pouvoir réduire le fossé, les élèves en difficultés sont encore plus mis de côté. Loin de s’en préoccuper, on parle d’évaluation par compétences, de changement de notation ou de prise en compte des rendus des élèves, mais pour leur accompagnement nous ne sommes plus sur « apprendre » mais « utiliser » (voir le B2I ou le socle commun) des compétences. Or, toutes compétences, savoirs ou capacités c’est de l’apprentissage et cela demande en premier lieu deux choses: un savoir à transmettre et un effort pour comprendre.

Sans vouloir revenir à un modèle ancien de l’éducation que je ne connais pas, je pense que le modèle ACA de l’éducation est un des meilleurs. ACA pour apprendre, comprendre et agir. Enfin, le mieux est de laisser de la fin à Mme Mona Ozouf qui décrivait trois problèmes de l’éducation : le travail n’est plus une valeur, l’autorité n’est plus respectée et l’avenir semble sans espoir. Or ces vieilles idées sont d’actualité, surtout lorsque vous parlez à des parents d’élèves et que ceux-ci disent à leurs enfants de bien travailler pour avoir un meilleur avenir (Adresse de l’image ici )

  • Infos essentielles

Voilà qui est intéressant : le Gouvernement Français a bien pris en compte les défis de demain, notamment en ce qui concerne les nouvelles technologies. Nous ne sommes pas avec un énième rapport portant  sur une volonté d’équiper les entreprises, ou de donner de la formation, mais de voir et de prévoir l’influence des nouvelles technologies à l’échelle industrielle. Il nous paraît difficile de prévoir une réindustrialisation française, car les usines françaises ne constituent pas un atelier viable en Europe. Pourquoi ? Car les coûts sont trop élevés, notamment vis-à-vis de la Slovénie ou de la Roumaine. Nous ne luttons pas sur le même niveau, ce qui induit le rapport suivant portant sur les innovations futures. Afin de ne pas aller n’importe où, le Gouvernement  Français propose trois axes de développement :  « réinventer l’outil industriel grâce au numérique » , développer le big data, et la sécurisation des données. L’intégralité du rapport se trouve ici (voir l’article de Clubic)

  • A suivre

-Ce qui nous concerne tous : l’instabilité de l’OS le plus répandu: Win10. Depuis le début, l’entreprise nous présente son produit comme révolutionnaire (le fameux slogan ‘plus humain’). On se rend compte de plus en plus que ce produit n’est pas fini, et qu’il apparaît comme un aspirateur à données. Autre problème qui s’ajoute : l’instabilité d’applis avec un système qui n’a pas fini de nous énerver (voir le témoignage sur zdnet).

  • Valeur 0

La Recherche Française perd de la vitesse ; de la peur des lobbies ; du rififi chez You Tube ; et bien ça promet ; une priorité, oui, mais on laisse de côté la formation ; mettre en image sa douleur ; c’est le début ; c’est le début, tome 2 ;

  • En vidéo

Une vidéo d’un extraordinaire interprète : Stromae avec Quand c’est

Un hommage à un grand chanteur de la chanson française mort cette semaine : Guy Béart

Troisième semaine de mai

On est peu de choses

C’est la réflexion qui m’a habité il y a peu. Je prenais le tram il y a trois semaines, lorsque j’entendis deux lycéennes parler de leur travail. Prêtant une oreille attentive, en me gardant bien d’intervenir, j’ai patiemment écouté.

Voyez le topo : les deux élèves parlaient d’un dossier d’art à faire. Je ne sais pas si cela concernait le dossier d’arts appliqués en LP, ou le dossier d’art dans les sections générales. Toujours est-il que l’une des deux personnes trouvait que faire le dossier était trop long (10 pages tout de même), alors que la seconde lui expliquait comment s’en sortir.

Pour la seconde personne, le dossier ne faisait pas 10 pages, car il y avait au moins la page de garde et le sommaire. Elle expliquait aussi ce qu’il fallait mettre dans le corps du dossier. Pour cette personne, le dossier était facilement rempli.  Elle avait même souligner que la page des sources allait être assez longue, car elle devait contenir toutes les sources utilisées (jusqu’à là c’est plutôt normal).

La première personne notait mentalement les conseils, mais arrivée à la page des sources, elle dit à ceci près qu’elle ne se verrait pas noter toutes les références des sources utilisées, car trop long et ennuyeux. Pour cette personne-ci, remplir la page de source « c’est mort. Et puis j’en ai rien à  f∇‡∴∠* ! ». On a encore du chemin à faire …

  • Infos essentielles

Il va falloir revenir sur les problèmes de la réforme du collège et des programmes. Tentons de ne pas tout mélanger.

La réforme du collège vise notamment à mettre des cycles, et des évaluation de ces derniers en fin. Cette réforme propose aussi de mettre en place une seconde langue dès la cinquième, de supprimer les classes bi-langues et d’insérer le latin et le grec dans les cours de français. Il y a une opposition sur cette réforme. Elle est nette, et tant pis si elle représentée par des « pseudo-intellectuels ». Cette opposition a une valeur, non pour donner au collège un aspect plus traditionnel, mais surtout pour mettre le doigt là où cela fait mal et tenter de le résoudre. Je ne suis pas sûr que mettre 20% de l’emploi du temps de chaque élève en interdisciplinarité va gommer les dommages. Lorsque j’étais plus jeune, je pensais que les interdisciplinarité était un bon moyen pour travailler en groupe. En tant que doc, cette démarche peut se défendre. Mais le problèmes est que beaucoup de nos élèves ont besoin de l’enseignement classique, afin d’avoir un temps où ils peuvent apprendre les fondamentaux. Pour faire le parallèle avec le rugby, sans fondamentaux tu ne vas pas loin. Pour l’école c’est pareil.

Pour la réforme des programmes de collège, on se demande plus sir les personnes du CSP (conseil supérieur des programmes) sont des personnes de terrain ou non. S’il avaient une connaissance du terrain, l’une des première choses serait d’alléger le programme, tout  en gardant des parties importante de ce dernier. Or, pour cette réforme, il n’y a pas d’allègement de programme, s i ce n’est qu’il est possible de mettre certains chapitres entre parenthèses, car il s sont en option. Je ne reviens pas sur le fait que le christianisme soit déplacé en 6e alors qu’avant il se trouvait en cinquième. Non, je vais plutôt pointer du doigt le fait de mettre les Lumières en option. Cela revient à mettre la République en option. Je sais que ça fait vieille France, mais sur les valeurs de la République, j’ai du mal à concéder quoi que cela soit.

Entre des opposants vieille France et un gouvernement sourd, ceux qui payent sont toujours les mêmes, les professeurs et les élèves. Sans oublier les parents qui ne comprennent rien, parce qu’on leur explique rien (voir les articles  du Monde,  Figaro et de France Info).

  • A suivre

– Des élections au Burundi reportées. Après le putsch avorté, le pays semble être en proie au ménage forcé (voir l’article du Monde)

– Le budget de la Défense a été protégé. Mais il n’est pas dit que les entreprises qui vont bénéficier des commandes militaires soient françaises. A voir plus en détail donc ( voir l’article du Monde)

– Le Maroc et la torture ont une vieille histoire commune. Alors que le parquet de Paris a instruit un dossier envers un boxeur marocain pour des faits de torture, et qu’un rapport sur la torture vient de sortir au Maroc, des voix s’élèvent ici ou là dans ce pays pour dénoncer que cette pratique reste répandue. Même le roi Mohammed VI lui-même s’en inquiète, car il voudrait bien que cette pratique cesse, mais en même temps il ne pouvait exclure la torture comme « pratique isolée » sur des prisonniers … (Voir l’article d’El Watan).

  • Valeur 0

De la ségrégation ; y a de quoi être rassuré ; un long parcours du combattant ; arnaque, quand tu nous tiens ; arnaque, tome 2 : le mouchard contre-attaque ; arnaque, tome 3 : le retour de l’espion qui vous aimait ;

  • En vidéo

Voici un album extra : Depeche Mode avec Violator